Armure lourde sur le dos, souris fermement scotchée sur le tapis, j'ai eu l'occasion de découvrir les deux premiers chapitres de l'acte 2 sur une build que l'on m'a présentée comme non définitive, mais qui avait pourtant un niveau de finition assez incroyable. Gears of War E-Day s'annonce comme une véritable claque visuelle, et un retour aux racines sanglantes de l'ère Xbox 360.

Le grand retour de Gears of War

Bien que catapulté au beau milieu d'un conflit qui a déjà commencé, l'acte 2 s'ouvre sur l'arrivée de l'escouade de ce bon vieux Marcus Fenix, une troupe de gueules cassées aux gros bras encore maculés du sang des Locustes, étripés lors d'un précédent combat que l'on ne découvrira qu'à la sortie du jeu. Ils débarquent dans un avant-poste après avoir escorté une femme importante alors que les gradés de l'armée sont en effervescence. L'humanité ne sait pas vraiment ce qu'elle affronte, et bien que l'on ait déjà la vision de ce qu'il va se passer, on est tout de même embarqué. On est excité et curieux de découvrir les premiers instants extrêmement violents d'un conflit planétaire qui mènera l'espèce humaine dans ses derniers retranchements. Comme un messager du futur nostalgique, on retrouve notre cher Marcus et son ami de toujours, Dom. Ils ne savent pas ce qui les attend, et on ne peut qu'être un peu ému en connaissant l'avenir. 

Gears of war E-Day

Ce sont déjà des vétérans qui ont pas mal baroudé, mais ce ne sont pas encore les soldats épuisés, mais inarrêtables, que l'on a connus. Gears of War E-Day va avoir du pain sur la planche pour combler les très nombreux trous laissés par la licence au fil des années. On veut tout savoir sur les débuts, ce qui a transformé les Gears que l'on a découverts en 2006 sur 360. Mais pour ça il va falloir attendre puisque la narration de ces deux chapitres était bien trop discrète, presque absente en réalité. L'Emergence vient tout juste de débuter, l'armée commençait à s'organiser tandis que le commando dirigé par Fenix tentait une percée pour rejoindre les équipes concentrées dans un vaste stade, avant de s'enfoncer plus profondément en ville.

Un temps de jeu insuffisant pour découvrir quoi que ce soit sur le plan narratif, mais qui l’est largement pour capter les sensations de jeu qui sont, quant à elles, immédiates. J'avais peut-être oublié ce qu'était un Gears, le cinquième épisode me semble bien loin, mais c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas. On retrouve tout de suite les bonnes vieilles habitudes, on est à la maison. Ce mélange d'action nerveuse principalement axé sur un système de couverture efficace et permissif, mais aussi ce feeling unique avec des armes lourdes à l'impact surpuissant. Le sang et la tripaille repeignent les murs, les injures fusent autant que les balles, et on aura même l'occasion d'entendre ronronner les tronçonneuses de nos Lancer dans leur version la plus primitive.

Gears of war E-Day

Des sensations viscérales, brutales et immédiates. Quel pied !

Le gameplay de ce Gears E-Day ne réinvente pas la roue, il nous donne tout juste plus de mobilité avec de quoi sauter librement et passer de planque en planque avec plus de naturel. Le level design en profite pour jouer avec les reliefs et n'en sort que grandi, tandis que nos déplacements gagnent en fluidité et en naturel. On peut même désormais se cacher en étant allongé, ce qui augmente le nombre de possibilités d'approches. L'ADN bourru de la licence est toujours bien présent, nos bidasses ont des mensurations à faire pâlir Schwarzenegger dans ses meilleures années, les déplacements sont lourds et puissants, les impacts fracassants et on en prend plein la tronche. D'autant que le jeu est somptueux. La direction artistique promet de faire des merveilles, la modélisation des personnages est complètement dingue et les environnements fourmillent de détails. Les gunfights n'en sont que plus intenses avec un grand nombre de particules lors des impacts, une belle volumétrie dès que la fumée se lève et des effets pyrotechniques réussis. C'est franchement beau.

Peu de nouveautés, une première approche trop sage et trop classique…  il reste encore beaucoup à voir

Dans Gears of war E-Day, on prend son pied, c'est certain, mais je n'ai pas pu m'empêcher de rester sur ma faim. Les nouveautés ne sont pas aussi nombreuses que ça, si ce n'est la possibilité d'améliorer son équipement à l'aide de mods glanés en récompenses et encore, c'est assez classique et a donc fatalement un goût de déjà-vu. De même que la mise en scène n'avait rien d'impressionnant ni même de réellement engageant. C'est trop terre à terre, digne d'un jeu d'action militaire standard. J'espère que ce n'est là qu'un mauvais choix de séquence pour une première prise en main de la campagne, et non pas un aperçu du tempo global du jeu. Ça manque de punch tandis que Marcus et son escouade semblent presque effacés la plupart du temps. Gageons que cela changera au fil de l'avancée, on peut, pour le moment, mettre ça sur le dos d'une escouade naissante qui ne sait pas encore ce à quoi elle a affaire.

Les missions présentées étaient trop sages pour nous en mettre plein la vue, si ce n'est la claque graphique et technique évidente, et pourtant nullement représentative du produit fini, comme précisé. À première vue, le jeu sera autant capable de nous proposer des missions linéaires à l'ancienne que de s'ouvrir légèrement pour offrir un peu plus d'espace et intégrer des missions secondaires. On est loin des vastes régions de Gears 5, mais il sera visiblement possible de fouiner à droite et à gauche de temps en temps en déviant légèrement de notre trajectoire pour remplir des objectifs secondaires. Reste à voir dans quelle mesure cela sera appliqué et surtout si ça ne viendra pas hacher davantage le rythme.

Gears of War E-Day va devoir encore faire des efforts pour nous impressionner, mais on a hâte de le retrouver

Cette première prise en main de la campagne de Gears of War E-Day se conclut donc sur des impressions en demi-teinte. D'un côté il y a l'excitation de retrouver une licence de cœur qui fonctionne toujours à merveille. Les ados nostalgiques de 2006 seront ravis de ce retour aux sources assumé et surtout d'enfin découvrir comment tout a commencé. Le gameplay est un régal, à la fois brutal et immédiat, les sensations sont presque inchangées, on est à la maison. Mais justement, on l’est peut-être trop. Les nouveautés se comptent sur les doigts d'une main, pour le moment, et les missions traversées n'avaient rien d'exceptionnel, ça manquait même de rythme par endroits, alors que tout était condensé en une petite heure et demie. Partagé donc, même si l'excitation d'en découvrir davantage prend largement le dessus.